Herbier. Préserver une image du jardin.
Dans mon jardin à Corbie, il y a des plantes que je connais depuis l'enfance et d'autres que j'ai découvertes en m'installant ici. Certaines ne durent que quelques semaines. D'autres reviennent chaque année, un peu plus installées. L'herbier est ma manière de les garder — pas les plantes elles-mêmes, mais quelque chose de ce qu'elles étaient à un moment donné.
C'est de là qu'est parti l'atelier Herbier. Et c'est aussi ce qui m'a menée, il y a quelques années, de l'architecture de paysage à la plasticité.
Une tradition ancienne, un geste d'aujourd'hui
L'herbier est une pratique scientifique qui remonte au XVIe siècle — les premiers recueils botaniques italiens servaient à identifier les plantes médicinales. Au XIXe siècle, les herbiers sont devenus un loisir cultivé, un objet de transmission entre générations. Puis ils ont disparu, à mesure que la botanique devenait une affaire de laboratoires et de photographies.
L'herbier contemporain, tel que je le pratique, n'est ni scientifique ni nostalgique. Il ne cherche pas à classer. Il compose. Il prélève une tige, une feuille, une ombelle, et les assemble sur un papier comme on assemble une image. Le résultat est à mi-chemin entre le document et la gravure.
Ce que l'atelier transmet
Chaque samedi, dans l'atelier, je guide six personnes qui repartent avec leur propre herbier. La méthode est simple : observer, composer, fixer. Il faut regarder longtemps avant de choisir. Puis décider de l'emplacement de chaque élément. Puis fixer — avec des gestes qui demandent un peu de patience mais rien d'exigeant techniquement.
Cet été, je propose un format plus long : l'Herbier de cueillette, quatre heures à Corbie, de juin à septembre. On sort ensemble dans le jardin et les alentours, on cueille, on revient à l'atelier, on compose. Vous repartez avec une pièce plus ample, faite de plantes cueillies de vos mains, ce jour-là, dans ce lieu. Un petit archive de l'été.
Les dates sont en ligne → voir l'atelier d'été. Six personnes maximum. Tout est fourni.
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Jessica
PS — La plante qui revient le plus souvent dans mes herbiers cet été, c'est l'achillée millefeuille. Elle pousse partout, personne ne la regarde. Je la trouve extraordinaire.